Histoire moderne (Alès)

 

Professeur Dominique BILOGHI
Lieu Salle du Capitole – Face à la Mairie d’Alès
Jour/Horaire Mercredi 9h00 – 12h00
Dates 10/10 14/11 12/12 16/01 13/02 13/03 10/04 15/05
Tarif 102 €

« L’État dans tous ses états » entre Renaissance et Révolutions : constructions, adaptations et réactions européennes.

Entre le XVe s. et le XVIIIe s. s’édifie en Europe un type d’État d’essence monarchique marqué par la mise en œuvre d’une dynamique centralisatrice et régulatrice des territoires et des sociétés. Le monarque « absolu » qui se substitue au suzerain féodal en jouant sur les divisions religieuses et le rejet de la domination impériale, s’impose et s’identifie progressivement à une « nation » qu’il contribue à se cristalliser et à se définir. Cette construction, inégale et diverse sur l’ensemble européen, ne va pas sans tensions et moments paroxystiques où les violences guerrières, les affrontements religieux et les volontés politiques accompagnent, renforcent ou détruisent les projets absolutistes entre l’Atlantique et l’Oural. L’État de la Renaissance n’est pas l’État « classique » ici ou « baroque » là, il n’est pas non plus celui des Lumières et de leurs « despotismes éclairés » ni celui des révolutions qui amorcent leur cycle à l’horizon des années 1770-1780.

Après avoir abordé la monarchie consultative de la Renaissance entre Seyssel, Machiavel et Bodin, puis le devenir de l’Etat dans la tourmente des guerres de religions ces deux dernières années, le cours 2018-2019 sera consacré à la tragique et douloureuse mise en place de la monarchie absolue sous les trois premiers Bourbons (1589-1715) affirmant dès lors la puissance militaire et politique de la France en Europe. L’encadrement de la société et le contrôle des âmes et des esprits mais aussi le rayonnement intellectuel, artistique et scientifique d’un Etat monarchique national fondent un modèle politique qui n’est pas sans provoquer de contestations : celles des peuples ébranlés, des minorités philosophiques et religieuses inquiétées et des aristocraties frondeuses au-dedans, celle du contre-modèle anglais au dehors avant que les Lumières n’esquissent d’autres modèles de gouvernement faisant écho à la montée des contestations économiques, sociales et culturelles au sein des « opinions » désormais « publiques ».