Philosophie (Bagnols)

Maison des Associations – Bagnols

LUNDI     14h00-15h30     M.EGEA     98€

 

Du meilleur des mondes à la fin du monde, et après ?

Nous nous donnerons comme fil directeur la proposition de Michaël Fœssel dans son livre (publié en 2012) « Après la fin du monde » selon laquelle : « Le plus urgent n’est pas d’éviter l’apocalypse à venir, mais de réinvestir le monde après sa disparition comme ordre hiérarchique. En ce sens, le fait que la fin du monde a déjà eu lieu est une bonne nouvelle qui nous place face à une alternative : perpétuer la vie ou édifier un espace pour le possible ».

Cet auteur prend acte des changements profonds qui caractérisent notre temps lorsqu’il évoque la disparition du monde comme ordre hiérarchique (thème travaillé les années passées avec des auteurs aussi différents que Alain Badiou et Marcel Gauchet). Ce qui lui apparait comme une bonne nouvelle nous placerait devant la situation d’avoir à choisir entre une stratégie conservatrice et une stratégie inventive de notre rapport au monde. Si cette dernière est privilégiée, quel pourrait en être le contenu ? En quoi consisterait une sagesse active ?

Nous chercherons à répondre à ces questions en interrogeant la place de l’idée de monde dans les systèmes de grands philosophes tels que Spinoza pour qui Dieu se confond avec la nature, Leibniz pour lequel nous vivons dans le meilleur des mondes possibles, Kant (pour qui « deux choses remplissent le cœur d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelle : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »), Hegel, Schopenhauer pour lequel nous vivons dans le pire des mondes possibles, Marx (« les hommes n’ont fait qu’interpréter le monde, ce qui importe c’est de le transformer »), Nietzsche (« le monde est un chaos »), Lévinas (« nous arrivons à l’idée de création en partant de l’expérience du visage »), Arendt, Heidegger (écrivant que « là où se décident les options essentielles de notre histoire […], là s’ordonne un monde »),Sartre et Camus (pour qui « Les hommes d’Europe […] ne croient plus à ce qui est, au monde et à l’homme vivant »), Badiou, Onfray.

Nous explorerons les ressources qu’ils nous ont léguées et continuent de nous léguer pour penser cet « espace pour le possible » qu’évoque Michaël Fœssel.

Pour cela le cours, respectant l’habitude prise les années précédentes de va-et-vient entre passé et présent, s’appuiera d’une part sur des phrases significatives des philosophes telles que celles citées plus haut pour donner un aperçu de leur « système » de pensée et d’autre part sur des préoccupations contemporaines que chacun a à l’esprit, raison pour laquelle toute la place sera laissée à la prise de parole et à l’échange, voire à l’intervention développée des participants.