Histoire des Etats-Unis (Nîmes)

249, rue de Bouillargues

Mardi  10h30 –  12h00

2 cours par mois, dont 1 séance au cinéma Sémaphore avec présentation, projection et commentaires d’un film illustrant le cours.

Prochaines dates :

24 janvier : Cadref (King Kong)
21 février : Cadref
28 février : Sémaphore (Le dictateur)
14 mars : Cadref
21 mars : Sémaphore
18 avril : Cadref
25 avril : Sémaphore (Macadam)
16 mai : Cadref
23 mai : Sémaphore

Barthélémy Py

 

Comprendre le lien entre l’Histoire et le cinéma. Concept d’Histoire comme une connexion entre elles de diverses composantes sociales, culturelles, économiques …. et non comme une succession de premières ou de dates. Nécessité de lier Histoire et socio-culture.

Le cinéma comme document de l’Histoire des sociétés.

D’ailleurs, il existe un cinéma américain dès l’invention du cinéma. Thomas Edison et le cinéma des origines, témoin spectaculaire de son époque. Il apporte le mouvement aux archives historiques.

Quand peut-on faire débuter l’Histoire des Etats-Unis ? A distinguer de l’Histoire de l’Amérique du Nord et de l’Histoire amérindienne par exemple. Nécessité d’inclure l’Histoire des Etats-Unis dans la civilisation occidentale et l’émergence de l’Occident moderne.

Orientation générale des cours :

  • Faire non pas une Histoire encyclopédique de A à Z, mais une Histoire socio-culturelle des Etats-Unis, une Histoire de l’évolution des idées.
  • Traiter des évènements historiques marquants de l’Histoire des Etats-Unis qui ont inspiré une filmographie intéressante.
  • Appréhender cette Histoire au travers d’extraits cinématographiques analysés, puis avec la projection d’œuvres complètes et présentées au cinéma Le Sémaphore.
  • Projections au sémaphore : aller au-delà de la simple couche de surface de films grand- public, et comprendre leur dimension contextuelle. Présentation de chaque film

 Les Etats-Unis, un pays né de l’imaginaire du voyage.

 Un pays multiculturel, né de l’immigration venue de l’Europe occidentale. La création d’une identité américaine avec la guerre d’indépendance. La Constitution américaine.

Corpus cinématographique possible : Charlot émigrant (Chaplin, 1917), Sur la piste des Mohawks (John Ford, 1939), Howard le révolté (Franck Lloyd, 1940), Revolution (Hugh Hudson,1985).

L’imaginaire de la Frontière à dépasser, devenue une composante de l’identité américaine : l’exemple du western, premier grand genre cinématographique de conquête spatiale, qui exalte la conquête de l’Ouest. Courte introduction aux autres expansions territoriales (achat de la Louisiane, Floride, guerre contre le Mexique qui donne aux Etats-Unis le Nouveau Mexique, la Californie et l’Arizona).

Corpus possible : westerns classiques et spaghettis, westerns crépusculaires, série télévisée Lonesome Dove (Simon Wincer, 1989), le regard satirique sur l’expédition Lewis et Clark dans la série télévisée Les Simpsons (épisode 11 saison 15).

Projection 1 (Le Sémaphore) :

Little Big Man (Arthur Penn, 1970) : un western crépusculaire, moins patriotique, qui prône la réconciliation entre les Américains blancs et les Indiens.

Projection 2 (Le Sémaphore)

Le secret de Brokeback Mountain ‘Ang Lee, 2005) : une réappropriation moderne du mythe de la liberté du cow-boy, devenu ici synonyme de l’évolution des mœurs. Ici le wilderness protège le secret inacceptable de l’homosexualité.

Guerre de Sécession et droits de l’homme.

 La remise en cause de l’unité nationale avec le conflit fratricide de la guerre de sécession (1861-1865). L’abolition de l’esclavage. Victoire des Nordistes. Création du Ku Klux Klan vers 1865.

Corpus possible : la grande fresque historique Naissance d’une nation (David W. Griffith, 1915), suivi de Intolerance (Griffith, 1916). Griffith, un cinéaste qui fait évoluer le langage cinématographique. Autant en emporte le vent (Victor Fleming, 1939). Le regard comique de Buster Keaton sur la guerre de sécession dans Le mécano de la Generale (Clyde Bruckman et Keaton, 1926).

Projection 3 (Le Sémaphore) : Délivrance (John Boorman, 1972) : le sud des Etats-Unis, jadis terre de prospérité, devenu un imaginaire cinématographique qui suscite l’autodestruction. La montagne reculée, arriérée, et hostile aux étrangers.

Projection 4 (Le Sémaphore) : Massacre à la tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) : un des chefs-d’œuvre du film d’horreur, qui montre des rednecks cannibales dans un Texas de l’Amérique profonde, sudiste.

La Grande Dépression.

 La Grande Dépression : le modèle libéral à son paroxysme. Corpus possible : Les temps modernes (Charles Chaplin, 1936), Les raisins de la colère (John Ford, 1940), Les mendiants de la vie (William A. Wellman, 1928) qui préfigure la Grande Dépression.

Projection 5 (Le Sémaphore) : Notre pain quotidien (King Vidor, 1934) : un film à tendance communiste, à la génèse difficile. Dans un pays dévasté par une crise économique dramatique, un couple de jeunes Américains envisage une solution par le retour communautaire à la terre.

Projection 6 (Le Sémaphore) : King Kong (Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, 1933) : un film de temps « de crise » (Grande Dépression, premières contestations écologistes américaines) qui convoque les terreurs humaines les plus archaïques.

Les Etats-Unis en guerre au XXeme siècle : interventionnisme et conflits idéologiques.

 De l’isolationnisme aux guerres mondiales : relire l’intervention américaine dans la Seconde Guerre mondiale au travers de films caricaturaux. Corpus possible : Les films des années 40 : Blitz Wolf (Tex Avery, 1942), The Ducktators (Norman McCabe, 1942). Le regard moderne dans la série télévisée Les Simpsons : les apparitions d’Adolf Hitler.

Projection 7 (Le Sémaphore) : Le dictateur (Charles Chaplin, 1940) : le regard caricatural sur l’antisémitisme et le dictateur Adolf Hitler (références également à Benito Mussolini).

La guerre froide : un conflit idéologique et géopolitique qui construit un monde binaire. Corpus possible : L’exemple du discours latent anti-soviétique dans les films grand-publics d’invasion extraterrestre des années 50. Les aliens froids qui veulent exterminer les Américains, métaphores des Soviétiques : Red Planet Mars (Harry Horner, 1952), La guerre des mondes (Byron Askin, 1953), Les envahisseurs de la planète rouge (William Cameron Menzies, 1953), Les soucoupes volantes attaquent (Fred F. Sears, 1956).

Projection 8 (Le Sémaphore) : Bons baisers de Russie (Terence Young, 1963) : un film britannique qui sort en pleine guerre froide, où l’on sent bien le statut de héros géopolitique de James Bond,  marqueur des différentes périodes diplomatiques.

Un exemple de vague contre-culturelle au cinéma : l’exemple du road movie, marqueur du contexte social difficile des années 60. Corpus possible : Les anges sauvages (Roger Corman, 1966), Macadam à deux voies (Monte Hellman, 1971), Point limite zéro (Richard C. Sarafian, 1971),.L’épouvantail (Jerry Schatzberg, 1973). A cette époque, d’autres film s’interrogent sur la société, comme Vol au dessus d’un nid de coucou (Milos Forman, 1975), qui matérialise lui aussi l’opposition entre liberté et rigidité de la société.

Projection 9 (Le Sémaphore) : Easy Rider (Dennis Hopper, 1969) : manifeste contestable du road movie, il n’en est pas moins symbolique du genre, puisque les personnages sur la route reprennent le chemin des pionniers en sens inverse, allant d’Ouest en est, et se confrontant à l’Amérique profonde qui refuse l’évolution des années 60.

Un constat cinématographique amer sur la guerre du Vietnam : Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino, 1978), Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979), Platoon (Oliver Stone, 1986), Full Metal Jacket (Stanley Kubrick, 1987), séries télévisées (Magnum, Agence tous risques, …).

Projection 10 (Le Sémaphore) : Rambo (Ted Kotcheff, 1982) : la guerre du Vietnam et ses conséquences sociologiques et psychologiques. Un film grand public méconnu et souvent mal aimé, qui propose un regard critique sur le retour des vétérans détruits par la guerre du Vietnam.

Prévoir environ 4 euros pour l’entrée lors des séances au Sémaphore.